La parole de Luis - la terre est comme un être humain
- Quentin Gustot
- 16 avr.
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 19 avr.

Luis vit et travaille sur la ferme avec toute sa famille. Sa femme, ses enfants, ses beaux-frères, ses parents. Comme pour Juan Patricio, ce n'est pas une coïncidence ou un arrangement pratique. C'est un choix de vie assumé, la continuation naturelle d'une histoire familiale qui remonte bien avant eux, à ces ancêtres kichwa qui cultivaient ces terres avant d'en être chassés, et que la famille a rachetées parcelle par parcelle, année après année, pour les reconstituer et les faire vivre à nouveau.
"Cette ferme n'est pas d'aujourd'hui. Elle est le fruit d'années de lutte. On a acheté parcelle par parcelle pour agrandir cet espace."
Environ un hectare en tout. Pas grand chose sur le papier. Mais Luis est le premier à le dire : la surface n'est pas ce qui compte.
Ce qui compte, c'est ce qu'on en fait.
Sa conviction est simple et radicale à la fois : il n'est pas nécessaire d'avoir de grandes terres pour pratiquer une agriculture vivante et diverse. Une petite parcelle suffit, à condition de la transformer patiemment, d'y introduire les bons arbres, d'y créer un microclimat, d'y laisser cohabiter des espèces venues de la côte, de l'Amazonie, des Andes. De traiter la terre, dit-il, comme on traiterait un être humain. Avec soin. Avec respect. En lui donnant ce dont elle a besoin pour être bien, et pour produire bien.
C'est peut-être la phrase la plus belle qu'il prononce, presque en passant : "La terre est comme un être humain. Elle a besoin d'aller bien pour bien donner."
Luis incarne cette facette de ce que la famille Pico Hipo construit ensemble : l'ouverture. La Chacra Andina n'est pas un jardin secret. C'est un lieu que la famille a voulu, dès le début, tourné vers les autres. Luis l'exprime avec chaleur et sans détour, il veut que les voisins viennent, que les agriculteurs de la région viennent voir, toucher, comprendre. Que ce qui a été appris ici puisse circuler, inspirer, se reproduire ailleurs.
"Nous sommes prêts à ouvrir ce cœur à tous."
Une phrase courte. Mais qui dit tout de l'esprit qui règne ici.
Dans une famille où chacun a son rôle, sa parcelle, sa façon de faire, Luis rappelle, le plus naturellement, que tout cela n'a de sens que si ça se partage. L'histoire des Pico Hipo n'est pas faite pour rester entre eux. Elle est faite pour montrer que c'est possible, pour n'importe qui, avec peu de moyens, sur un petit bout de terre.




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