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Une famille, une terre, une vie en commun

  • Photo du rédacteur: Quentin Gustot
    Quentin Gustot
  • 9 avr.
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 avr.



Juan Patricio Pico Hipo est né dans la communauté d'Agua Santa, dans les Andes équatoriennes, à quelques kilomètres de Riobamba. Il est de nationalité kichwa, peuple indigène de la province de Chimborazo. Ses ancêtres vivaient sur ces terres bien avant la colonisation. Chassés, marginalisés, relégués sur les hauteurs les moins fertiles, ils ont vu leurs terres leur échapper. La famille Pico Hipo a dû les racheter pour y revenir. C'est sur ce sol chargé d'histoire qu'ils ont décidé de s'enraciner à nouveau.



Aujourd'hui, Juan Patricio, sa femme et leur fils vivent sur la ferme. Autour d'eux, ses frères, sa sœur et leurs familles. Une petite communauté, réunie par les liens du sang et par une vision partagée, construite patiemment depuis plus de vingt ans.


La vie ici est collective, mais elle laisse de la place à chacun. Chaque membre de la famille cultive sa parcelle selon sa propre sensibilité. L'un a développé un espace de forêt dense et naturelle, proche de l'état sauvage. Un autre s'est orienté vers les vergers et les arbres fruitiers. Sa sœur s'occupe du jardin potager qui nourrit la cuisine au quotidien. D'autres encore gèrent la commercialisation des produits, les échanges avec l'extérieur, l'accueil des visiteurs. Juan Patricio, lui, se définit comme facilitateur, celui qui relie, qui transmet, qui maintient le cap.


Pas de modèle unique imposé à tous. Mais une direction commune : vivre avec la terre, pas contre elle.


Ils ont donné un nom à tout cela : Chacra Andina, Pura Vida. Une ferme agroécologique, mais surtout un mode de vie. Un endroit où l'on produit ce que l'on mange, où l'on sauvegarde ce qui disparaît ailleurs, où les savoirs ancestraux kichwa se mêlent à une vision tournée vers l'avenir. Où les enfants grandissent au contact des arbres, des animaux, des saisons.


Dans un paysage environnant de plus en plus dominé par les serres plastiques et les monocultures, la Chacra Andina est devenue, sans le chercher, un îlot à part. Un refuge pour les oiseaux, pour les insectes, pour des espèces végétales en voie de disparition que la famille est allée sauver avant qu'il ne soit trop tard. Depuis les hauteurs des montagnes alentour, on la repère facilement : un petit poncho vert, dense et vivant, au milieu d'un territoire qui s'uniformise.


Ce n'est pas un projet associatif né d'une réunion. C'est une famille qui a choisi de vivre autrement, ensemble, sur la terre de ses ancêtres. Et qui, sans bruit, a transformé ce choix en quelque chose de remarquable.

















 
 
 

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